Un récital traditionnel "MARGAM" consiste en une dizaine de danses.
L'ordre et le type de danses présentées sont attribués à quatre frères appelés le "Quartette de Tanjore" ; Musiciens de cour (Chinnaya, Ponnaya, Shivanandam et Vadivelu) sous le règne de Maharaja Serfoji II : 1798/1832. Ils étaient tous les quatre musiciens, compositeurs, chorégraphes et danseurs accomplis et rattachés au temple de Tanjore.
Ces quatre frères venaient d'une famille de musiciens de générations en générations.
Aujourd'hui un récital commence par une ouverture, le plus souvent un PUSPA ANJALI : offrande de fleurs, pièce d'expression pure, incantatoire où la danseuse salue les Dieux et le public.
Le récital se poursuit avec un ALARIPPU qui signifie en tamoul "ce qui éclos et procure la joie". La composition qui peut être en différents temps, évoque une fleur qui s'ouvre.
Les mouvements sont de plus en plus complexes, c'est une sorte de mise en route pour la danseuse qui prépare son corps pour le récital qui peut durer facilement deux heures.
La pièce suivante est un JATISWARAM : séquences de danse pure (Jati) sur les notes de musique (swara). Cette danse n'exprime rien d'autre que la joie de danser.
Le récital atteint son paroxysme dans le VARNAM : cette pièce renferme toutes les facettes du Bharata Natyam ; les séquences de danse pure (nrtta) et de danse narrative (abhinaya) se succèdent, et la beauté de cette pièce s'accroît à mesure que la danseuse gagne en maturité. Le thème est fondé généralement sur le sentiment amoureux (sringara).
Puis, ce sont des pièces narratives les PADAMS qui se succèdent.
Les thèmes de ces pièces sont très variés et les ressources expressives infinies.
La danseuse peut donner une signification nouvelle, différente d'une même pièce à chaque spectacle selon sa compréhension personnelle et son état émotionnel du moment. Elle doit amener le public au Rasa : plaisir esthétique et lui communiquant le Bhava : émotion.
Certaines compositions sont appelées JAVALIS, ce sont des morceaux plus légers et enjoués. Le langage y est plus direct et familier.
Le dernier morceau est un TILLANA : cette pièce vive et joyeuse montre l'art de développer toutes les possibilités rythmiques d'un thème musical. La danseuse conclut son récital avec joie et virtuosité. Une courte phrase narrative rend hommage à la divinité, au guru et au public.